L’authentique tenue d’un garde napoléonien nantais était cachée dans une pile de draps
Jeudi 25 Juin 2026 à 06h40
Daté du Premier Empire, l’uniforme a été soigneusement préservé de génération en génération. Il sera mis aux enchères samedi, aux côtés d’autres objets historiques, notamment issus de la Chouannerie.

Une trouvaille miraculeuse, emmaillotée au fond d’un manoir breton. Col montant, parement de velours rouge vif, boutons en laiton doré timbrés de l’aigle impériale, basques ornées d’un N couronné… Aucun doute n’est permis : la tenue est emblématique du Premier Empire.
Découvert par un commissaire-priseur au sein d’une propriété de Guingamp, cet uniforme de garde d’honneur à pied de la ville de Nantes a été relativement épargné par les ravages du temps. Ses derniers propriétaires avaient soigneusement rangé cet habit dans une armoire, plié entre du linge et de la naphtaline, afin d’éviter toute détérioration des textiles.
« Nous l’avons surpris dans de beaux draps, c’est le cas de le dire », lance facétieusement Maître Karl Benz, qui a examiné cet habit lors de la succession d’une famille aristocratique bretonne.
Le commissaire-priseur, installé à Plérin (Côtes-d’Armor), savait déjà, par expérience, que les piles de linge pouvaient receler des trésors. Mais rarement de cette nature.
« D’ordinaire, on s’attend plutôt à trouver des rouleaux de pièces d’or, et non un ensemble aussi remarquable qu’un uniforme d’Empire ! C’est en tout cas le genre de découverte étonnante que l’on aime faire, d’autant que cette tenue est miraculeusement préservée, même si elle n’est pas en parfait état », précise Maître Benz.

Quelques petits trous de mites et quelques manques affectent néanmoins la tenue. Un bouton a également disparu. Cette pièce surgie des tréfonds de l’histoire nantaise n’en demeure pas moins exceptionnelle, assure l’expert Christophe Ropars, qui a pu examiner l’uniforme à l’automne dernier.
« Ce qui est exceptionnel, c’est qu’il provient d’un château, où ce genre de tenue a plutôt tendance à moisir, oubliée des familles et des héritiers », remarque le consultant de la Chambre nationale des experts spécialisés en objets d’art et de collection.
La garde d’honneur de la ville de Nantes fut organisée en 1808, à l’occasion d’une visite de Napoléon dans la cité des ducs. Sous l’autorité du préfet, 261 volontaires s’inscrivirent afin de former notamment deux compagnies de gardes à pied. Le rouge et le blanc furent retenus pour leur habit.
« Il s’agit d’une tenue honorifique, généralement portée par de jeunes bourgeois locaux. Elle mélange une coupe militaire avec des couleurs régionales, dont la signification précise demeure incertaine. Une chose est sûre : cet uniforme a vu passer l’Empereur », indique Christophe Ropars.
L’habit nantais sera mis en vente samedi 27 juin, en ligne sur les plateformes Drouot et Interenchères, ainsi que sur place à l’hôtel des ventes de Plérin. Son estimation de départ est fixée entre 3 000 et 5 000 euros.
D’autres souvenirs provenant de la même famille bretonne seront également proposés à la vente. Les experts attirent notamment l’attention sur un portrait d’émigré de « l’Armée royale de l’Ouest », peint en 1795 (estimation : 1 500 à 2 000 euros), ainsi que sur une bannière aux armes de France en étoffe de soie, datant de l’époque des guerres de Vendée (estimation : 2 000 à 3 000 euros).
Deux objets rares, qui perpétuent la mémoire de la Chouannerie bretonne. Une occasion de s’offrir un morceau de l’histoire de France.
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Détail de l'habit de garde d'honneur de la ville de Nantes, qui sera mis en vente le 27 juin 2026, à l'hôtel des ventes de Plérin (Côtes-d'Armor).
Une trouvaille miraculeuse, emmaillotée au fond d’un manoir breton. Col montant, parement de velours rouge vif, boutons en laiton doré timbrés de l’aigle impériale, basques ornées d’un N couronné… Aucun doute n’est permis : la tenue est emblématique du Premier Empire.
Découvert par un commissaire-priseur au sein d’une propriété de Guingamp, cet uniforme de garde d’honneur à pied de la ville de Nantes a été relativement épargné par les ravages du temps. Ses derniers propriétaires avaient soigneusement rangé cet habit dans une armoire, plié entre du linge et de la naphtaline, afin d’éviter toute détérioration des textiles.
« Nous l’avons surpris dans de beaux draps, c’est le cas de le dire », lance facétieusement Maître Karl Benz, qui a examiné cet habit lors de la succession d’une famille aristocratique bretonne.
Le commissaire-priseur, installé à Plérin (Côtes-d’Armor), savait déjà, par expérience, que les piles de linge pouvaient receler des trésors. Mais rarement de cette nature.
« D’ordinaire, on s’attend plutôt à trouver des rouleaux de pièces d’or, et non un ensemble aussi remarquable qu’un uniforme d’Empire ! C’est en tout cas le genre de découverte étonnante que l’on aime faire, d’autant que cette tenue est miraculeusement préservée, même si elle n’est pas en parfait état », précise Maître Benz.

La garde d'honneur de la ville de Nantes a été organisée en 1808, sous le Premier Empire
Quelques petits trous de mites et quelques manques affectent néanmoins la tenue. Un bouton a également disparu. Cette pièce surgie des tréfonds de l’histoire nantaise n’en demeure pas moins exceptionnelle, assure l’expert Christophe Ropars, qui a pu examiner l’uniforme à l’automne dernier.
« Ce qui est exceptionnel, c’est qu’il provient d’un château, où ce genre de tenue a plutôt tendance à moisir, oubliée des familles et des héritiers », remarque le consultant de la Chambre nationale des experts spécialisés en objets d’art et de collection.
« Cet uniforme a vu passer l’Empereur »
La garde d’honneur de la ville de Nantes fut organisée en 1808, à l’occasion d’une visite de Napoléon dans la cité des ducs. Sous l’autorité du préfet, 261 volontaires s’inscrivirent afin de former notamment deux compagnies de gardes à pied. Le rouge et le blanc furent retenus pour leur habit.
« Il s’agit d’une tenue honorifique, généralement portée par de jeunes bourgeois locaux. Elle mélange une coupe militaire avec des couleurs régionales, dont la signification précise demeure incertaine. Une chose est sûre : cet uniforme a vu passer l’Empereur », indique Christophe Ropars.
L’habit nantais sera mis en vente samedi 27 juin, en ligne sur les plateformes Drouot et Interenchères, ainsi que sur place à l’hôtel des ventes de Plérin. Son estimation de départ est fixée entre 3 000 et 5 000 euros.
D’autres souvenirs provenant de la même famille bretonne seront également proposés à la vente. Les experts attirent notamment l’attention sur un portrait d’émigré de « l’Armée royale de l’Ouest », peint en 1795 (estimation : 1 500 à 2 000 euros), ainsi que sur une bannière aux armes de France en étoffe de soie, datant de l’époque des guerres de Vendée (estimation : 2 000 à 3 000 euros).
Deux objets rares, qui perpétuent la mémoire de la Chouannerie bretonne. Une occasion de s’offrir un morceau de l’histoire de France.
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