Lot 282
[Bretagne]
Procès de Pierre de Rohan dit le Maréchal de Gié, 1504
P.A.S., 25 janvier 1504, Pierre...
![[Bretagne]
Procès de Pierre de Rohan dit le Maréchal de Gié,... [Bretagne]
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[Bretagne]
Procès de Pierre de Rohan dit le Maréchal de Gié, 1504
P.A.S., 25 janvier 1504, Pierre Bonin, sieur du Courpoy, conseiller du roi et procureur général au Grand-Conseil, 1 page in-4 ; ordonne le paiement à Jehan Guiot clerc du notaire et greffier du Grand-Conseil de « la somme de vingt cinq livres tournois et ce pour avoir vaqué à faire plusieurs voyages et écritures en la cause et matière du maréchal de Gyé ( ) pour avoir fait les commissions pour faire le premier ajournement audit de Gyé, item autres commissions pour envoyer et l’ajourner ledit Gyé au lieu du Vergier [château du Verger appartenant à Pierre de Rohan], item audit lieu du Vergier ledit Guiot fut avec messeigneurs les commissaires et greffier sous l’espace de huit jours ( ) item deux commissions pour ajourner ledit de Gyé à Montrichard auquel lieu ledit Guiot fut ( ) item avoir fait les commissions pour faire ajourner ledit de Gyé à Orléans auquel lieu d’Orléans ledit Guiot a vaqué par plusieurs jours à examiner certains témoins avec Nicolay juge mage de Carcassonne ( ) item quatre commissions faites par ledit Guiot pour récoler et confronter certains témoins en cette matière à Amboise »
Rare document historique
Le procès de Pierre de Rohan, maréchal de Gié, ouvert en 1504, est l'une des affaires politiques les plus retentissantes du règne de Louis XII.
Pierre de Rohan était l'homme fort du Conseil royal. Breton d'origine mais serviteur zélé de la couronne de France, il s'opposait frontalement à la reine Anne de Bretagne sur une question cruciale : l'avenir du duché de Bretagne. La Reine voulait marier sa fille Claude de France à Charles de Habsbourg (le futur Charles Quint) pour préserver l'indépendance de la Bretagne. Le Maréchal de Gié préconisait un mariage avec François de Valois-Angoulême (le futur François Ier) pour assurer l'union définitive de la Bretagne à la France. En 1504, le roi Louis XII tombe gravement malade et on le croit mourant. Anticipant son veuvage, Anne de Bretagne fait charger des navires et des charrettes de ses trésors, bijoux et meubles précieux pour les envoyer à Nantes (son fief). Considérant cela comme une fuite et un pillage du trésor royal, le maréchal de Gié fait intercepter les bagages de la Reine près d'Angers. Il tente même de consigner la Reine et sa fille à Amboise pour éviter qu'elles ne quittent le royaume.
Lorsque Louis XII guérit miraculeusement, la Reine, furieuse de l'humiliation subie, exige la perte du maréchal. Elle finance elle-même une partie des poursuites. Les accusations portées contre lui sont graves : crime de lèse-majesté : On l'accuse d'avoir voulu s'emparer de la régence et d'avoir traité la Reine avec mépris. Le procès est dépaysé au Parlement de Toulouse, réputé pour sa rigueur et moins influençable que celui de Paris. L'affaire dure près de deux ans (1504-1506). En février 1506, le maréchal échappe à la peine de mort (la lèse-majesté n'est pas formellement retenue), est toutefois suspendu de sa charge de maréchal pour cinq ans, banni de la Cour, privé de ses gouvernements et condamné à une amende colossale.
Estimation : 100 € à 150 €


